Bolivie : Entre la Paz et la frontière brésilienne

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Dimanche 18 février 2018

Nous voilà à 8 mois de voyage et hier nous avons pris la décision d’écourter notre voyage à cause de soucis financiers et de rentrer en France. Nos futurs articles comprendront moins de photos, l’envie était parfois moins présente !

Nous sommes en Bolivie, nous avons fait demi-tour à La Paz et sommes en direction de Cochabamba.

Nous empruntons une route dans un pays magnifique paysage et un passage à 4500 m d’altitude. Beaucoup de camions sur cette route mais la vue est splendide..

Nous redescendons dans la vallée et arrivons en début d’après-midi au parc Pairumani au Nord de Cochabamba (entrée à 16 Bolivianos pour nous 4) où nous retrouvons la famille « Par 4 chemins ». Nous nous sommes rencontrés à San Pedro d’Atacama au Chili et sommes contents de revoir Jean Phi, Manue et leurs garçons Izac et Joseph.

Nous sommes sortis de l’altiplano et la météo est au beau fixe alors nous passons l’après-midi dehors à discuter autour d’un café. Quel plaisir de profiter enfin d’une journée entière sous le beau temps !

Le soir nous partageons une spécialité typique de Bolivie, le Pique macho : originaire de Cochabamba, c’est une montagne de viande, saucisses en dés, frites/patates, oignons et autres légumes, avec un œuf dur sur le dessus. Hhuuum un délice ! sauf pour Chloé qui n’a quasiment rien mangé !

Les parents discuteront jusqu’à 2h du matin pendant que les enfants dormiront.

19 février

Aujourd’hui nous décidons de ne pas bouger et de profiter de ce petit parc / camping. Les enfants jouent dehors avec les copains (essentiellement aux petites voitures !) et nous partons en promenade en début d’après-midi à la recherche de la cascade située en haut du parc. Mais l’ascension est difficile et Chloé (comme à son habitude) râle tout le long ! La vue en haut est très sympa mais impossible d’accéder à la cascade, tant pis nous redescendons.

La famille Par 4 chemins part en milieu d’après-midi et les enfants sont tristes…

Ce soir nous mangeons à nouveau un Pique macho, et Chloé, comme la veille, ne mange quasiment rien !

Nous faisons le tour du camping à la recherche d’eau pour faire le plein de Fastoch, mais nous ne trouvons que de l’eau terreuse… Tant pis nous verrons ailleurs demain !

20 février

Ce matin nous partons vers 10h en direction du centre de Cochabamba où nous voulons aller au marché pour acheter 2/3 souvenirs. Mais nous nous retrouvons dans les bouchons de la ville, nous traversons le marché et nous n’arrivons pas à nous garer ! Après plusieurs tours nous décidons de sortir d’ici et de prendre la direction de Santa Cruz qui est à 150 km de là. Nous réalisons que nous sommes redescendus en altitude, nous avons vraiment très chaud et la végétation n’a rien à voir avec l’altiplano !!

Fastoch, qui souffrait moins d’être en altitude, affiche quelques signes de faiblesse et le moteur chauffe à plusieurs reprises… Nous devons nous arrêter au bord de la route et ouvrir le capot. Marc constate que nous avons une fuite de liquide de refroidissement et soupçonne une durite percée ! Décidément nous sommes vraiment dans une mauvaise phase !

Nous devons absolument nous rendre dans un garage auto mais demain une grève nationale est annoncée et le pays va être paralysé. Nous devons donc absolument atteindre la grande ville de Santa Cruz d’ici ce soir avant la mise en  place des barrages routiers.

Nous roulons pendant plus de 2H en faisant des pauses toutes les 10 minutes afin de faire le plein d’eau dans le moteur… Nous vidons quasiment tout notre réservoir d’eau, il fait chaud et le stress est à son maximum !

22h, nous voilà à l’entrée de Santa Cruz et nous avons repéré un garage sur l’application Ioverlander avec de très bons commentaires. Nous arrivons enfin au garage FP motors situé dans un quartier résidentiel et nous nous garons devant en espérant qu’il soit ouvert demain.

Fernando, le propriétaire âgé d’une vingtaine d’années est dehors avec des amis et nous accueille gentiment. Il voit notre inquiétude et nous demande de soulever le capot. Après 5 minutes d’observation, il nous rassure en nous disant « Tengo una solucion » (j’ai une solution) et nos visages se détendent enfin après cette dure journée.

Il nous propose de prendre une douche chez lui ou de faire le plein d’eau. Nous le remercions mais avons tout ce qu’il nous faut et nous avons juste envie de dormir… même s’il fait 28 degrés dans Fastoch !!!

21 février

La nuit fut enfin calme, mais Marc a très peu dormi à cause de la chaleur et de l’inquiétude de la panne. Nous savons que nous n’avons qu’un tout petit budget pour faire les réparations et nous ne savons pas exactement ce qu’est la panne.

Ce matin Fernando s’occupe de Fastoch et il passe la matinée à atteindre la pièce qui pose souci : il ne s’agit finalement pas d’une durite mais d’un échangeur qui a besoin d’une soudure. Le garagiste nous explique qu’il n’est pas équipé  pour réaliser ce type de soudure et que son ami soudeur ne travaille pas aujourd’hui à cause de la grève. Nous verrons donc cela demain.

Les esprits se détendent et nous faisons connaissance avec la famille de Fernando qui habite la maison où est installé son garage. Nous rencontrons ainsi son papa, Coralia sa maman, Dani sa fiancée et quasiment l’ensemble des voisins intrigués par notre véhicule.

Nous assistons à la préparation de l’asado (barbecue) qui se fait simplement sur une grille (parilla) posée sur des pavés dans la rue !! L’ambiance est au beau fixe et nous relâchons enfin la pression ! Nous sommes rapidement invités à partager le repas avec eux, nous sommes gênés car ce n’est pas dans les habitudes européennes de manger avec son garagiste !!! Mais tout le monde nous met à l’aise et nous partageons un très agréable moment. Nous dégustons une viande divinement bonne accompagnée de riz et de yuka (manioc). Le repas est simple : tout le monde prend une assiette et pioche dans ce qu’il souhaite… nous nous sentons comme à la maison. Incroyable !!!

Les enfants de leur côté sortent leurs petites voitures et jouent au milieu de tout ce monde… ils sont également comme à la maison !

A la fin du repas, j’aide Coralia à faire la vaisselle, même si elle me dit de rester assise et de « profiter » !! Je partage un excellent moment avec cette dame qui est née la même année que nos mamans… Je lui parle de notre situation, que nous rentrons plus tôt que prévu etc… Elle voit en moi cette tristesse et m’explique que si nous sommes ici, ce n’est pas un hasard, c’est que dieu nous a envoyés chez eux. De fils en aiguille, Coralia me demande si nous sommes croyants. Je lui réponds que nous n’avons pas de croyance particulière mais que nous respectons les personnes en ayant. C’est ainsi qu’elle me fait comprendre qu’elle fait partie d’une communauté chrétienne qui se réunit tous les mercredis autour de la vierge, que ce soir la réunion se fait chez eux et qu’elle souhaiterait que nous y participions. Je réponds que cela serait avec grand plaisir !

Coralia passera l’après-midi à nettoyer sa cour pour sa réception et nous la verrons en fin de journée toute endimanchée !!

Nous mangeons tous les 4 de bonne heure dans le camping-car et couchons les enfants vers 21h car l’arrivée des convives est prévue vers 21h. Nous voyons ainsi débarquer une quinzaine de personnes, tous mieux habillés les uns que les autres, et nous remontons donc dans Fastoch mettre nos chemises (seule tenue présentable que nous ayons !).

A 21h30 la cérémonie commence, nous sommes tous dehors sur une chaise et chantons et prions autour de la vierge. L’ambiance est très festive, nous ne comprenons pas grand-chose mais nous entendons malgré tout que la communauté prie pour nous, les français voyageurs dans une phase difficile et nous remercie de notre venue. L’émotion est à son comble…

Nous assistons également à une situation étrange : une dame d’une soixantaine d’années s’évanouit à plusieurs reprises et parait ainsi possédée… mais la cérémonie ne s’arrête pas pour autant. Toute l’assemblée chante et frappe dans ses mains.

Apres plus d’une heure de cérémonie, nous sommes invités à partager leur repas et à nous installer sur le canapé car nous leurs invités. Nous mangeons, encore et encore et expliquons notre voyage à tous les participants qui sont ravis de nous écouter.

La réunion se termine vers 23h30 et tous les convives nous remercient de notre présence et nous souhaitent bonne route dans notre aventure. Nous souhaitons bonne nuit à notre famille d’accueil et allons rejoindre nos enfants qui dorment à poings fermés.

Quelle journée !!!!

22 février

Ce matin Fernando part faire souder la pièce et nous nous occupons de notre côté en croisant les doigts que la réparation soit la bonne.

Avec Marc nous réservons les billets d’avion pour le retour : celui-ci est ainsi prévu le 17 Mars, il nous reste donc un peu plus de 3 semaines sur le continent Sud-Américain L

En fin de matinée nous préparons le repas de midi mais Fernando vient nous chercher car le repas est prêt dans leur maison ! Une fois de plus nous sommes invités à partager le repas avec eux.. quelle générosité !

Les garçons passeront l’après-midi à remonter la pièce pendant que moi je m’installe avec Coralia, à l’ombre d’un arbre à discuter. Elle m’explique que son mari est parti très tôt travailler, il est chauffeur poids lourd et part souvent plusieurs jours. Coralia me raconte un peu leur vie : ils ont 2 filles et un garçon et ils ont une résidence secondaire dans la campagne. Je comprends donc qu’ils font partie des boliviens d’une classe un peu supérieure. Son fils et son mari font du rallye automobile et elle me montre des photos. Elle m’explique aussi que sa petite retraite n’est pas très élevée et qu’elle travaille donc les weekends : elle cuisine toute la journée et nuit du vendredi pour vendre ses repas le weekend end à son domicile, nourrissant ainsi le quartier. Car en Bolivie, pas besoin d’ouvrir un commerce pour avoir le droit de vendre ses produits. Je lui explique qu’en France cela n’est pas possible et que les taxes sont très élevées.. pas évident de me faire comprendre !

Nous échangeons ainsi tout l’après-midi autour de boissons fraîches, de thé et de gâteaux… Les enfants sont aussi bien gâtés et jouent dans la cour autour de nous en compagnie des 2 chiens et du perroquet en liberté.

Une journée où nous oublions tous nos soucis et où nous comprenons que le voyage nous a apporté tellement de choses !

A 17h, Fernando a terminé et le camping-car est à nouveau en état de marche ! Youpi !! Il est temps pour nous de payer notre note et de reprendre notre route. Mais nos hôtes nous demandent d’attendre que Dani, la fiancée de Fernando, revienne de son travail d’ici une heure pour nous dire au revoir. Nous rangeons toutes nos affaires et Dani arrive vers 18h avec son collègue (ils travaillent dans une banque) les bras chargés de nourriture typique bolivienne. Nous nous installons à nouveau autour de la table à boire du thé et à déguster les bons petits plats.

19h, la nuit commence à arriver et Coralia nous conseille de passer encore une soirée avec eux. Nous en serions ravis mais il est temps pour nous de partir !  Nous réclamons à Fernando la note, sa maman lui glisse quelques mots à l’oreille et Fernando nous demande à peine 60 € ! Nous sommes gênés de ce petit montant et nous lui donnons un peu plus.

Maintenant place aux photos et aux adieux… l’émotion est là, nous partons les larmes aux yeux mais le cœur allégé. Merci à cette généreuse famille pour cette belle rencontre !

Nous sortons de la ville, il fait très chaud et nous nous arrêtons à une station-service car il fait nuit et nous n’avons pas le temps de chercher un autre bivouac. Nous faisons la rencontre de 3 jeunes espagnols en fourgon et d’un camping car appartenant à un couple de belges vivant en Namibie.

Décidément tant de rencontres !!

23 février

La nuit a été chaude et bruyante, comme toujours dans les stations-service… Nous quittons les lieux vers 9h30 et roulons environ 250 km pour arriver à midi à San Jose de Quichitos, dans la région des missions jésuites. Nous étions déjà passés dans les parages en Aout, mais à cette saison la température est difficilement supportable ! Nous faisons quelques courses et décidons de nous arrêter dans un hôtel qui accueille les voyageurs dans son jardin pour 15 € la nuit.

Nous découvrons ainsi l’hôtel Chiquitana tenu par Fabrice, un voyageur français qui a construit cet hôtel en 2010. Cet établissement, aux standards européens, offre un restaurant et une charmante piscine dont nous profitons tout l’après-midi. Les enfants font la rencontre de 2 petites filles françaises et jouent avec elles dans la piscine. Nous échangeons également avec la maman du gérant qui est là pour 3 mois.

Le soir nous prenons le repas au restaurant et nous couchons les enfants pendant que nous profitons un peu du salon extérieur.

Encore une nuit dans la chaleur !

24 février

Ce matin nous profitons une dernière fois de la piscine et de l’accès à la douche. Nous partons à 10h30 mais il fait déjà très chaud et humide ! Nous prenons la direction de la frontière brésilienne. Nous souhaitons rejoindre rapidement le Paraguay afin de retrouver nos amis « Tranquilo » et nous poser une bonne semaine vers eux.

Nous prenons notre repas au pied d’un joli rocher ocre, à côté d’un parc.. mais nous ne prenons pas le temps de le visiter, juste d’être à l’ombre des arbres…

Nous roulons 80 km et faisons une pause à Agua calientes, une rivière chaude qui nous rafraichit malgré tout.

Nous quittons les lieux vers 16h et arrivons à la frontière vers 18h30 mais celle-ci est déjà fermée. Le bivouac choisi est à Puerto Suarez, au bord d’un lac, où nous trouvons enfin un peu d’air ! Mais la tranquillité sera de courte durée : à 22h30 une voiture se stationne juste à côté de nous, musique à fond et un bébé qui ne cesse de pleurer ! Nous rallumons les lumières afin qu’ils comprennent que nous sommes présents, mais après 30 minutes de supplice sonore, nous déménageons et retournons sur la grande route alors que les enfants dorment déjà… bien sûr il fait nuit et nous n’avons pas d’autre choix que de nous stationner à la station-service… Cette fois-ci plus un brin d’air, la nuit sera terrible !

25 février

Nous nous réveillons à 7h, en sueur et très fatigués ! Marc a mal aux dents depuis quelques jours, le moral nous joue des tours ! Nous faisons le plein de gasoil avec nos derniers Bolivianos et partons vite car il fait déjà 29 degrés dans Fastoch et le soleil se lève !

Nous arrivons à la douane à 8h mais il y a déjà une énorme queue devant nous. Nous nous séparons : moi avec les enfants à la migration et Marc à la douane avec le véhicule. Après une bonne demi-heure, je n’ai quasiment pas avancé, le soleil chauffe, nous sommes dans les détritus et les enfants commencent à râler ! Je viens également de réaliser qu’il s’agit de la migration pour l’entrée au Brésil… mais où est donc la sortie de la Bolivie ?

Marc revient plutôt énervé : il n’a pas compris grand-chose à la douane brésilienne à part que nous devons imprimer un document sur internet afin de laisser entrer le véhicule sur le territoire brésilien, qui est d’ailleurs déjà stationné après la douane, au Brésil ! Nous échangeons du coup les rôles et j’essaye de me faire comprendre dans un mélange de portugais – espagnol – anglais ! Je « négocie » avec le douanier l’absence de document pour Fastoch étant donné que nous avons prévu que quelques jours au Brésil et je reviens vers Marc qui n’a avancé que de 2 mètres en 20 minutes !! On nous explique qu’il y en a pour au moins 3H d’attente, il n’y a qu’une seule personne au guichet !

L’ambiance se tend et mon cher mari envoie tout balader et décide de prendre la route sans passer par l’immigration !!! Je lui dis d’aller au camping-car avec les enfants et que je ferai la queue mais non il souhaite que nous partions d’ici et que nous allions à l’aéroport international, quelques kilomètres plus loin, où nous trouverons certainement un poste d’immigration.

Nous voilà donc au Brésil… sans papier !!!

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